L’EDITO ECHO n°1

La France connaît, à la suite de la triste soirée du 13 novembre 2015, une période d’état d’urgence prolongée. Insuffisante pour certains, déni de démocratie pour d’autres, l’Edito Echo vous propose dans ce numéro, une explication sur cette situation spéciale qui occupe le pays des droits de l’Homme…

Etat d'urgenceSource image : sudeduc31.org

Rétrospection : l’origine.

L’état d’urgence trouve ses origines sous la IVème République pendant la guerre d’Algérie. En effet, une vague d’attentats perpétrés par le Front de Libération Nationale Algérien (FLN) en novembre 1954 conduit le Parlement à adopter à contrecœur la loi du 3 avril 1955, évitant ainsi de transmettre le pouvoir à l’Armée au profit de l’Etat. Cette mesure politique exceptionnelle repose alors sur une forte autorité administrative (préfet, police) qui permet la régulation des actions et des droits citoyens au nom de la sécurité de la Nation. Ses procédés sont multiples : fermeture de certains lieux, interdiction de manifester et perquisitions autorisées de jour comme de nuit.

Rétrospection : l’évolution jusqu’à nos jours.

Par la suite, sous la Vème République, l’état d’urgence voit ses conditions d’utilisation redéfinies et est ensuite appliqué de nombreuses fois sur les territoires d’Outre Mer ou encore en 2005 lors des émeutes banlieusardes. Mais depuis le 13 novembre 2015, triste date des attentats de Paris, l’état d’urgence a été prolongé plusieurs fois. Prévu initialement pour 3 mois, il a été reconduit à 3 mois supplémentaires, puis encore 2 et enfin encore 6 mois jusqu’au 26 Janvier 2017 . 

 

Allocution de François Hollande déclarant l’État d’urgence

L’avis des citoyens

Si l’opinion publique considère que l’état d’urgence est nécessaire (entre 80 et 88% des Français selon YouGov), elle est aussi consciente de ses limites (73 % le jugent inefficace). L’attentat de Nice en est la triste preuve.

D’autre part, nombre de citoyens et d’intellectuels estiment l’état d’urgence contraire au principe de Liberté. En effet, dans un contexte de revendication sociale, l’annulation ou l’interdiction de manifestations contre la loi travail ou la Cop21 a été très mal accueillie par une partie de l’opinion.                    

Cependant, l’état d’urgence semble avoir permis, grâce à la facilité de perquisition, la découverte de 757 armes illégales et il a ainsi sans aucun doute contribué à déjouer un certain nombre de projets d’attentats.

Suite et fin ?

En novembre 2016, le Premier ministre Manuel Valls annonce qu’ « Il est difficile aujourd’hui de mettre fin à l’état d’urgence », laissant présumer une nouvelle prolongation, sujet qui ne manquera pas d’être débattu lors de la prochaine élection présidentielle.

De plus, selon une récente interview de Jean-Frédéric Poisson, député des Yvelines, l’état d’urgence n’aurait d’efficacité que les deux premiers mois, jouant ainsi sur l’effet de surprise des actions policières.

Sources : Le Monde

              Wikipedia

                 YouGov

               Nawak

 

 

LPA

Catégories : Actu

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *