FATAL

Date de sortie : 16 juin 2010

Réalisé par Michaël Youn (Film français - comédie)
Avec Michaël Youn, Armelle, Stéphane Rousseau, Vincent Desagnat

Fatal… c’est Fatal Bazooka, un rappeur bling-bling et hardcore. En fait, un personnage de sketch créé par Michaël Youn dans son show-télé Morning Live, puis développé dans l’album T’as Vu vendu à plus de 500 000 exemplaires. Le film FATAL raconte ce que serait devenu ce rappeur s’il en avait vendu… 15 millions !

 

Fatal est désormais une énorme star. Des millions de fans, des dizaines de tubes, 4 Music Awards de la Musique du meilleur artiste de l’année, une ligne de vêtements, un magazine et prochainement l’ouverture de son propre parc d’attractions Fataland. Il est le N°1 incontesté.

En apparence, tout va bien… mais en réalité, Fatal ne sait plus où il va, parce qu’il ne sait plus d’où il vient qu’en fait, il est né dans un petit village de Savoie, en plein coeur des Alpes. Mais on ne peut pas être un « gangsta » quand on est un fils de bergers de Savoie, alors Fatal a préféré cacher ses origines et oublier son passé…

 

Le saviez-vous ?

Contre toute attente, Michael Youn s’impose meilleur cinéaste que trublion télévisuel et propose avec son Fatal Bazooka une comédie fraîche et généreusement débile comme seuls les Américains savent le faire. Proposant un univers cynique et sans concession plutôt efficace, celui que l’on a souvent aimé détester nous propose une surprise franchement pas désagréable, sorte de pendant français du cinéma de Ben Stiller ou des frères Farelly. Pas totalement parfait, parfois trop lourd, Fatal demeure pourtant la seconde chance que l’on peut accorder à un garçon qui avait finalement gardé quelques atouts...

Fatal est un film fondamentalement important pour les dégorgements médiatiques de tous poils. C’est l’un des thèmes de son intrigue propre, certes, mais il ressort du film de Michael Youn quelque chose qui semble aller au-delà de la pellicule. Dans les faits, le garçon est un peu la bête noire du paysage audiovisuel national, ayant entretenu sa propre image d’une manière tellement puérile qu’il en a suscité un mépris rare. De la haine même. C’est pour cette raison que se lancer à la découverte de son premier long métrage en tant que réalisateur suscite les plus grosses craintes, nourries par des a priori de la taille d’une montgolfière. Et pourtant, dès ses premières minutes, Fatal provoque quelques chose d’inattendu en cela que le plaisir du spectateur s’installe de la façon la plus sincère qui soit. Comme si le sale gosse totalement irréfléchi avait découvert comment apprivoiser son talent (y aller à fond dans le n’importe quoi), ludiquement, pour le mettre à profit d’une envie réellement cinématographique. Chose jusque là totalement inexistante dans sa filmographie. La seule explication possible, c’est qu’en passant derrière la caméra, Michael Youn peut enfin être lui-même là où son cachetonnage habituel (La Beuze, Iznogoud, Coursier et consorts) n’était dû qu’à un travestissement de ses références par des réalisateurs/producteurs qui n’ont vu en lui qu’un pétomane pompe à fric. Même sa scène de nu en dit long sur sa potentielle autocritique.

C’est sans doute aussi étrange à lire qu’à écrire, mais oui, Fatal est un film drôle qui fonctionne plutôt efficacement sur la durée et qui s’inscrit dans un registre de la comédie américaine moderne, là où ses collègues s’étaient fourvoyés dans des reproductions de sketchs TV sur grand écran. On est franchement loin d’un Seuls Two, Cyprien ou Coco, calibrés par (et pour) du télévisuel condescendant, relevant plus du caprice filmique friqué qu’autre chose. Et puisque l’on est dans les compliments, on pourra également féliciter le trublion de tirer le statut de la comédie française vers le haut, en flirtant sans honte vers le cinéma des frères Farelly ou celui de Ben Stiller, c’est-à-dire faire du débile bien poussif mais dans le bon sens du terme. À ce titre, il est difficile de ne pas penser à Zoolander et surtout Tonnerre sous les tropiques, ce dernier étant aux manoeuvres hollywoodiennes ce que Fatal est à l’industrie musicale, souvent horripilante. Et si, à force de tirer à boulets rouges sur tout le monde (chanteurs, marketeux, télévision, consommateurs, maisons de disque, etc), il le fait de façon parfois très facile, Michael Youn reste suffisamment généreux dans son cassage en règle pour amuser la galerie de manière grandiloquente. L’art de faire le con en toute pertinence.... Nous n’en attendions pas tant.


 
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