L’homosexualité en Inde

Publié par Le Lycéen le

Alors que l’homosexualité est toujours considérée comme un crime dans 71 pays de la planète, la Cour suprême de Delhi a abrogé l’article 377 du code pénal indien qui criminalisait l’homosexualité, le 6 septembre dernier.

Un couple de lesbiennes célèbre la dépénalisation de l’homosexualité dans le pays
source : 20 minutes.fr

Dans les sociétés occidentales, l’homosexualité n’est de façon générale, plus un sujet  tabou. En France, la reconnaissance juridique des homosexuels s’est faite en 1957. En Inde, il en est tout autrement. Les hommes (pourtant nombreux) pour ne pas compromettre leur identité masculine, se cachent et ne s’identifient pas comme homosexuels. Concernant les femmes, en apparence il semblerait qu’il n’existe pas de lesbiennes. En effet celles-ci se cachent davantage que les hommes car on les considère comme frustrées sexuellement surtout si elles sont célibataires, veuves ou qu’elles n’ont pas de rapports sexuels avec leur mari.

D’après une estimation de l’Organisation nationale de contrôle du sida (NACO), il y a deux millions cinq cent mille homosexuels masculins en Inde soit 0.20% de la population totale. Sachant que les femmes cachent davantage leur homosexualité, nous ne pouvons établir de statistiques concernant le nombre de lesbiennes en Inde.

Une histoire difficile

Depuis 1861, la cour suprême punissait d’emprisonnement les personnes ayant des « rapports charnels contre nature », en 2009 l’homosexualité a été autorisée puis de nouveau interdite en 2013. Mais grâce à un panel de 5 juges de la plus haute instance juridique, ce jeudi 6 septembre 2018 la cour suprême décide de décriminaliser les personnes homosexuelles pour une question d’égalité et de respect des droits fondamentaux. Le juge Dhananjaya Yeshwant Chandrachud a déclaré : « La décriminalisation n’est qu’un premier pas, la sexualité ne peut pas être réduite à une formulation binaire. ».

Une société conservatrice

Malgré cette dépénalisation, les rapports sexuels entre hommes ou entre femmes restent toujours très mal vus dans cette société profondément conservatrice. De nombreux Indiens, notamment dans les zones rurales, où résident 70 % de la population, considèrent l’homosexualité comme une maladie mentale. Certains la mettent même sur un pied d’égalité avec la zoophilie. Ces façons de penser ne peuvent évoluer facilement puisque la religion (l’hindouisme, pratiqué par 80% des indiens) condamne toujours l’homosexualité et qu’il n’y a pas suffisamment de discussions publiques pour changer de tels clichés. Cependant, depuis peu l’attitude de certains indiens change grâce aux représentations de l’homosexualité dans les films bolywoodiens. La dépénalisation de l’homosexualité pousse automatiquement la Cour Suprême à se pencher sur la question de la reconnaissance d’un troisième genre : les transgenres.

Pendant ce temps en France

Alors que la cause homosexuelle avance doucement en Inde, la France, quant à elle, recule. Depuis quelque temps, les agressions homophobes se multiplient, les réseaux sociaux sont maintenant utilisés pour dénoncer les personnes homosexuelles.

En effet, ce mercredi 31 octobre 2018, deux femmes se sont fait agresser à Paris alors qu’elles étaient en train de s’embrasser.

En mai de cette année, le groupe SOS homophobie a publié des chiffres alarmants: en 2016 ont été recensés 121 agressions homophobes et 139 en 2017. D’après ce groupe, le chiffre en 2018 devrait être bien supérieur encore.

En mai de cette année, le groupe SOS homophobie a publié des chiffres alarmants: en 2016 ont été recensés 121 agressions homophobes et 139 en 2017. D’après ce groupe, le chiffre en 2018 devrait être bien supérieur encore.

L’exemple de la France montre que l’homophobie est un phénomène qui a le vie dure. L’Inde a sans doute encore beaucoup de chemin à parcourir avant que la population accepte l’homosexualité sans discrimination. Néanmoins, un premier pas est fait.

S.G.


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